Les régions où il y a le plus d’immigrants affichent les plus faibles taux de criminalité

Donald Trump a fait de l’immigration illégale la pièce maîtresse de sa carrière politique, mais de nouvelles informations jettent le doute sur les chiffres donnés par le président. Selon une nouvelle analyse reprise par l’ensemble des médias américains, aucune preuve ne permet de démontrer l’affirmation de Trump et de partisan selon laquelle les immigrants sans papiers provoquent des pics de criminalité. En réalité, selon le rapport, bon nombre d’endroits où la population immigrée est plus nombreuse ont enregistré des baisses de criminalité plus importantes que dans d’autres régions.

L’analyse qui met à mal le président

Pour la première fois, il est possible d’effectuer une analyse plus large de la façon dont l’immigration non autorisée pourrait avoir influé sur les taux de criminalité aux Etats-Unis. La grande majorité des régions ont enregistré une baisse des crimes violents dans la dernière décennie. Cette baisse est égale à celle enregistrée par le pays durant un quart de siècle. Mais l’analyse a surtout révélé que le taux de criminalité a diminué à un rythme sans précédent, et que la population des migrants sans papiers est statistiquement moins représentée dans les prisons fédérales. Dans les régions où la migration non autorisée est la plus importante, la baisse de la criminalité semble être la plus marquée, bien que la différence soit faible et incertaine.

Les autres résultats de l’analyse

Les résultats de l’analyse ressemblent à ceux d’autres études sur la relation entre l’immigration clandestine et la criminalité. L’an dernier, un rapport publié par un grand groupe de réflexion a révélé que les immigrants non autorisés au Texas ont commis moins de crimes que leurs homologues nés au Texas. Une analyse au niveau du même État a révélé que l’immigration clandestine n’augmentait pas les crimes violents et qu’elle serait même associée à de légères diminutions de la criminalité. Une autre étude a révélé que les immigrants non autorisés sont moins susceptibles d’être incarcérés. Une analyse effectuée par une ONG a révélé que les régions métropolitaines comptant un plus grand nombre de résidents sans papiers affichaient des taux similaires de crimes violents et des taux considérablement plus faibles de crimes de vol que les régions comptant un plus petit nombre de clandestins. Après avoir tenu compte de multiples facteurs socioéconomiques, l’auteur de l’analyse a constaté que pour chaque augmentation d’un point de pourcentage de la population clandestine d’une région, il y avait 94 crimes de vol de moins pour 100 000 habitants. Le « mensonge » de Trump sur l’immigration est donc mis en exergue selon l’écrasante majorité des études qui s’y sont intéressées. L’analyse publiée dans la presse ne fait que confirmer ce que d’autres études ont montré depuis un certain temps : les sans-papiers commettent moins de crimes que les Américains de naissance.

Bien sûr, en attaquant les immigrants pendant sa campagne et sa présidence, le but de Trump n’a jamais été de dire la vérité. Il a toujours été de garder sa base effrayée et en colère en puisant dans leur antipathie préexistante envers les immigrants. C’est pourquoi il a lancé sa campagne en attaquant les immigrants mexicains, les qualifiant de criminels et de violeurs. Il a ensuite promis, dans la foulée, de construire un mur à la frontière sud. Trump sait que son meilleur pari sur le plan politique est de jouer avec les peurs et les préjugés, même s’ils sont complètement infondés.

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