Le Congrès n’a pas d’autre choix que d’agir après la déclaration publique de Mueller

Les remarques publiques de Robert Mueller ne laissent au Congrès d’autre choix que d’user de son autorité pour tenir Donald Trump responsable des actes répréhensibles décrits dans le rapport final du conseil juridique. Depuis des semaines, les législateurs hésitent à aller de l’avant suivant une enquête de destitution, craignant un retour de bâton politique, mais les commentaires de Mueller indiquent clairement que la balle est dans le camp du Congrès. Mueller a clairement indiqué, en termes très clairs, que la prochaine étape ne viendra pas de lui.

Comment la déclaration de Mueller peut changer la donne ?

Le Congrès se trouve sous les feux de la rampe après les déclarations de M. Mueller, avocat américain et 6e directeur du FBI. Pour la première fois en plus de deux ans, M. Mueller a été autorisé à s’exprimer selon ses propres termes. Et il a clairement indiqué, en termes très clairs, que la prochaine étape ne viendra pas de lui mais du Congrès… et il laisse très peu de marge de manœuvre aux acteurs politiques. Au cours des deux dernières années, les membres du Congrès ont déclaré publiquement qu’ils attendraient l’arrêt Mueller avant de prendre une décision sur le bien fondé d’une éventuelle enquête formelle de destitution. Même après la publication du rapport, de nombreux législateurs ont déclaré qu’ils attendraient que la version finale soit publiée, ainsi que les preuves sous-jacentes. D’autres membres du Congrès ont suggéré d’attendre jusqu’à ce que Mueller lui-même puisse fournir plus de clarté en témoignant au Capitole.

Mais dans sa déclaration publique de mercredi, M. Mueller a été très clair : non seulement il ne veut pas témoigner devant le Congrès, mais s’il le fait, il ne compte pas aller plus loin que son rapport écrit. Il a aussi dit très clairement qu’il croyait que son travail était terminé et qu’il appartenait maintenant au Congrès de prendre le relais et de tenir le président responsable de tout acte répréhensible qu’il aurait commis pendant son enquête de deux ans.

Le congrès devant ses responsabilités

En d’autres termes, compter sur Robert Mueller comme filet de sécurité ou comme béquille ne semble plus être un choix viable pour le Congrès. S’il veut que Trump fasse face aux conséquences de sa conduite supposément criminelle, il doit mener la charge et prendre ses responsabilités. Le procureur indépendant, sans évoquer « l’impeachment », souligne que d’autres moyens sont possibles pour déterminer si Donald Trump a commis des délits. La balle est dans le camp du Congrès à présent. Si pour lui, inculper un président en fonction est anticonstitutionnel, il a rappelé, sans directement citer « l’impeachment », que d’autres moyens permettaient de déterminer si le président avait mal agi. En clair, il renvoie la balle au Congrès, comme les autres intervenants dans cette affaire. La plupart des candidats démocrates à la présidentielle de 2020 se sont empressés d’exiger le déclenchement d’une procédure de destitution, alors même que la majorité républicaine au Sénat tuerait ce projet dans l’œuf.

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