Un militant américain risque jusqu’à 22 ans de prison pour avoir hébergé des migrants

Voilà plus de trois décennies que les Américains sont confrontés à un problème que les Européens connaissent très bien : l’immigration illégale. Quelque 400 000 Mexicains et Sud-Américains réussissent tous les ans à pénétrer clandestinement le sol américain. Le système mis en place pour endiguer cet afflux, avec des patrouilles sur les frontières et des contrôles dans les entreprises, s’avère peu efficace. Les estimations sur le nombre d’« illégaux » travaillant dans le pays varient entre 14 et 22 millions de personnes. Certains parlent d’individus dont les États-Unis ont besoin mais que les Américains n’aiment pas. Ce qui suit est l’histoire d’un militant américain qui a pris un risque énorme en les aimant un peu plus qu’il ne le fallait.

La tolérance zéro de Donald Trump

Un militant de l’Arizona accusé d’avoir hébergé deux sans-papiers risque d’être jugé dans une affaire susceptible de créer un précédent par rapport à l’aide que les citoyens américains peuvent apporter aux frontaliers clandestins. Des agents ont donc arrêté ce citoyen lors d’un raid après avoir trouvé deux migrants cachés dans un bâtiment délabré utilisé par des groupes humanitaires. Le jeune homme fait face à deux chefs d’accusation pour avoir hébergé des migrants sans papiers et un chef d’accusation pour conspiration en vue de transporter les deux hommes. Ce professeur universitaire de géographie risque jusqu’à 22 ans de prison s’il est reconnu coupable de toutes les accusations. Il a été inculpé après que l’ancien procureur général a demandé aux procureurs d’accorder la priorité aux affaires impliquant l’hébergement de migrants. Cette répression s’inscrit dans le cadre de la politique de tolérance zéro du président Donald Trump visant à décourager l’immigration clandestine.

Qui est l’accusé ?

Warren est bénévole pour un groupe confessionnel qui fournit de l’eau, de la nourriture et de l’aide médicale aux migrants dans les déserts. Plus de 2 000 sans-papiers sont morts depuis deux décennies en essayant de traverser la zone où les températures peuvent dépasser les 45 degrés. Warren a été arrêté le jour même où l’association a publié une vidéo montrant des agents américains détruisant les réserves d’eau que le groupe laissait aux migrants. Les avocats de l’accusé soutiennent que l’arrestation était en représailles pour la vidéo. Ils disent qu’il exerçait légalement ses croyances religieuses et ses droits pour aider les migrants après avoir passé deux jours à traverser le désert.
Ses parents ont recueilli plus de 130 000 signatures demandant au bureau du procureur d’abandonner toutes les accusations. Il s’agit d’un abus de pouvoir de la part du gouvernement fédéral selon un groupe de défense des droits de l’Homme basé au Texas. Les autorités compétentes ont renvoyé les questions au bureau du procureur général des États-Unis. Ce dernier n’a pas souhaité répondre à une demande de commentaires de la part des journalistes. Les procureurs devraient soutenir que le principal accusé est allé au-delà de l’aide humanitaire et a aidé les migrants à entrer illégalement dans le pays.

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