Pour David Azerrad, auteur d’un récent rapport de la Fondation Heritage sur l’inégalité des revenus, le défi des Etats-Unis aujourd’hui est de préserver le rêve américain. Article publié par le blog The Foundry et traduit de l’Anglais par Le Bulletin d’Amérique.

Par David Azerrad* — Le premier anniversaire pathétique d‘Occupy Wall Street, la semaine passée, a confirmé que les propos rapportés par certains depuis quelques temps sur la mort du mouvement n’étaient pas, en fait, exagérés. Alors pourquoi sommes-nous en train de le maintenir en vie en parlant sans cesse de l’inégalité des revenus au lieu de se concentrer sur ce qui compte vraiment — les opportunités et la mobilité sociale [ascendante] ?
Tout cette hystérie à propos de l’élargissement des écarts de revenus — couplée à des appels stridents en faveur d’une redistribution des richesses — portent atteinte à la nécessité urgente de renforcer notre rêve américain aujourd’hui menacé et d’élaborer un programme d’opportunités. L’attention de la Nation doit rigoureusement mettre l’accent sur l’expansion des perspectives de chacun — en particulier ceux qui sont au bas plus et ont besoin d’un coup de main et d’un moyen de s’en sortir.
Ce qui importe n’est pas de savoir combien ceux qui sont en haut gagnent, par rapport à ceux qui sont en bas — après tout, ils ne sont pas en concurrence avec les uns avec les autres. L’essentiel réside dans les besoins réels de ceux d’en bas et les possibilités d’avancer qui sont ou non disponibles à tous les Américains. Et si l’action du gouvernement en faveur d’une « diffusion générale de la richesse » égaliserait surement les résultats — le rêve de la gauche — elle ne saurait ni s’attaquer aux causes réelles de la pauvreté, ni élargir les possibilités réelles qui ont obtenu les succès qui définissent le rêve américain.
Un nouveau rapport de la Fondation Heritage défend le rêve américain contre les tentatives mal avisées des progressistes à le redéfinir, en suivant des lignes étatistes et égalitaristes, et explique pourquoi l’inégalité des revenus n’est pas un obstacle à la mobilité sociale aux États-Unis. Ce qui importe vraiment — et continue dans l’ensemble de prospérer — est la mobilité ascendante.
Plutôt que de se concentrer sur ceux qui sont au sommet de l’échelle, nous devrions être préoccupés par les obstacles qui menacent ceux qui luttent pour réaliser le rêve américain. « Défendre le rêve » attire l’attention sur six facteurs qui menacent le plus la mobilité vers le haut :
- L’étatisme : L’Etat administratif moderne enchevêtre État et entreprises dans un réseau étouffant de lois et règlements. Toute cette paperasserie est un véritable péage pour l’économie qui, en fin de compte, conduit à une baisse des emplois créés. Et moins d’emplois signifient moins d’opportunités pour ceux qui en ont besoin d’emplois.
– L’effondrement de la famille : Le déclin du mariage, en particulier parmi les pauvres, a des conséquences dévastatrices durables sur les enfants et leurs perspectives de succès. Quand il s’agit de l’American Dream, la famille n’est pas une question secondaire, sociale ou religieuse, elle est une élément économique crucial intimement lié à la mobilité.
– La dépendance encouragée par l’Etat-providence : Loin d’éradiquer la pauvreté, l’Etat providence piège les personnes en situation de pauvreté en décourageant le travail et sape la famille.
- L’érosion de notre culture du travail : En légitimant l’indolence et en dévaluant le travail acharné, notre culture diminue la probabilité que les personnes dépourvues, qui ont le plus besoin d’indicateurs culturels fiables, mettront à profit les possibilités que l’Amérique continue à offrir.
- Les échecs de l’instruction publique : Nos écoles publiques défaillantes refusent à d’innombrables enfants les compétences rudimentaires dont ils ont besoin pour avancer dans la vie.
- La crise fiscale imminente : Si nous ne changeons le cours des choses, la poursuite des dépenses massives du gouvernement et la dette publique houleuse vont détruire les fondements de notre économie et mettre le rêve américain au-delà de la portée de nos enfants et petits-enfants.
La hausse des inégalités de revenus dans les dernières décennies n’a en aucune façon contribué à ces problèmes. Ils se développent sur des politiques gouvernementales mal conçues, et indiquent l’échec complet du gouvernement à résoudre certains de nos problèmes sociaux et, dans le cas de l’effondrement de la famille, sont des problèmes profondément culturels enracinés et aggravés par les politiques publiques.
Les Etats-Unis doivent rester ce qu’ils ont toujours été : une terre d’opportunités. Les efforts mal avisés du gouvernement pour le transformer en une Terre de l’égalité de revenus nous laisseront inévitablement bien moins lotis. Notre première priorité doit donc être de recentrer le débat national et les politiques de notre pays sur la promesse d’ascension sociale qui est au coeur du rêve américain.

Les Lauréats de La Bourse Tocqueville avec David Azerrad à la Fondation Heritage — Juin 2012.
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*David Azerrad est directeur-adjoint du B.Kenneth Simon Center for Principles de l’Heritage Foundation (Washington DC) et Doctorant en science politique à l’Université de Dallas, où il rédige une thèse sur les fondements de la philosophie politique de John Locke. Lire ses articles.

















