Choisir Paul Ryan comme colistier a d’ores et déjà des conséquences. Mitt Romney, qui a peu satisfait l’électorat conservateur jusque-là, peut maintenant compter sur une nouvelle dynamique.
Par Emmanuel Arthault – En juillet dernier, Purple Poll indiquait que dans les douze « swing states », c’est-à-dire les états encore indécis [1] où l’élection se jouera, le tandem Barack Obama/Joe Biden surpassait Mitt Romney/Paul Ryan d’une moyenne de deux points (47 contre 45%). Seul la Floride penchait du côté du candidat républicain. Aujourd’hui, cinq jours après l’annonce de la venue de Ryan, un nouveau sondage indique que ces derniers parviennent à 47 contre 46%. Obama serait par exemple défait en Virginie (48/45%), dans l’Ohio (46/44%) et en Floride (48/47%). Et seul le Colorado voterait encore à majorité démocrate. Selon Rassmussen, un autre institut de sondage, Romney battrait Obama dans le Wisconsin à 48/47% — alors qu’il était donné perdant à 49/46% en juillet dernier.
Pourquoi ce renversement ? Selon Purple Poll, la réponse est plutôt simple:
« Le tandem Romney-Ryan ticket est renforcé par un avantage de 11 points parmi les indépendants. Cela représente une augmentation depuis juillet, alors que Romney ne comptait qu’une marge de 5 points vis-à-vis d’Obama parmi ce groupe clé ».
« Ryan est le candidat préféré parmi les quatre candidats, et sa sélection a renforcé l’image de Romney. A 45 contre 39%, Paul Ryan est le seul (…) à compter sur une opinion plus favorable que défavorable. Il est particulièrement apprécié parmi les Républicains (82 contre 9%) et les indépendants ont globalement une opinion favorable de lui (46%/37%). »
Il serait toutefois possible d’aller au-delà de cette analyse comptable: Paul Ryan, qui était jusque-là le Président du comité pour le budget de la chambre des représentants, avait tenté de faire voter un plan de réduction budgétaire l’année passée. Désormais, il est acquis que ce plan deviendrait le modèle à suivre pour l’éventuelle administration Romney. En effet, comme l’a déclaré Grover Norquist, le très influent patron du groupe de pression Americans for Tax Reforms, « il permet de comprendre où Romney souhaite aller ». En clair, il s’agit de rationnaliser les dépenses de l’Etat providence en réformant Medicare (le système de pension pour les gens âgés), et de « sauver le système de pension ». Parce que ce plan a été voté par les Républicains à la chambre et au Sénat, il a été l’objet d’une étude et a déjà gagné sa légitimité institutionnelle — contrairement aux projets évoqués par Romney. De quoi rassurer l’électorat ?
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[1] Cette année, le Colorado, l’Iowa, le Minnesota, le Nevada, le New Hampshire, New Mexico, la Caroline du Nord, l’Ohio, la Pennsylvanie, la Virginie et le Wisconsin attireront tous les regards.


















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