Le Général Petraeus, prochain vice-président de l’Amérique?

Les commentaires et pronostics sur le choix d’un vice-président par Mitt Romney vont bon train. Pour foreignpolicy.com, le Général David Petraeus pourrait bien compter parmi les favoris.

Article traduit de l’Anglais par Le Bulletin d’Amérique. Titre original: Vice President David Petraeus?

Par Paul Miller — Les leaders républicains avaient à juste titre critiqué le sénateur Obama, qui n’avait été précédemment législateur que pendant deux ans, pour son incapacité à devenir le commandant en chef des armées et le chef de file du monde libre pendant la campagne électorale de 2008. Il serait ironique qu’ils choisissent aujourd’hui Marco Rubio [Ndt: Sénateur de la Floride] comme vice-président pour l’élection 2012, alors qu’il ne compte que deux ans d’expérience au Sénat.

Mitch Daniels et Chris Christie (1) ne seront sans doute pas candidats à la vice présidence, pour la simple raison qu’ils ne veulent pas être présidents! Les deux ont refusé de concourir pour le poste parce que, si nous devons en croire les rumeurs, ils n’étaient pas disposés à subir les rigueurs et l’examen personnel inhérents à une campagne présidentielle. Alors, s’ils n’étaient pas disposés à subir cela pour la présidence, pourquoi voudraient-ils s’y résoudre pour le poste moins prestigieux qu’est la vice-présidence?

Paul Ryan (2), quant à lui, est trop précieux pour le GOP à la Chambre des représentants. Parce qu’il est l’un des législateurs les plus sérieux au sein du parti, l’envoyer à la vice-présidence serait pure perte.

D’ailleurs, le candidat à la vice-présidence n’a presque jamais fait la différence durant l’élection. Le mythe répandu est que le candidat à la présidentielle doit choisir un vice-président afin de gagner davantage de voix dans un « swing-state » [Ndt: un état indécis et crucial]. Pourtant, cela n’arrive jamais. Le vice-président n’a permis d’apporter son état et de peser sur l’élection qu’une fois seulement dans l’histoire américaine: il s’agissait de Lyndon B. Johnson, qui apporta le Texas, et ainsi la victoire, à JFK en 1960. C’est tout: une fois seulement.

Donc le problème se résume à cette problématique : qui est réellement qualifié pour être président ? C’est la question que Mitt Romney devrait se poser afin de choisir son colistier. C’est le seul critère qui devrait avoir de l’importance. Or, très peu de personnes peuvent prétendre, de manière plausible, à être qualifié pour la présidence. Malheureusement, Bob Gates a définitivement pris sa retraite, réduisant encore d’une personne le nombre de candidats.

Reste David Petraeus. Petraeus a servi en tant que commandant dans les deux guerres que les États-Unis ont combattu au cours de la dernière décennie. Il a dirigé le commandement central, et est maintenant directeur de la CIA. Et, bien sûr, il eut le courage et le professionnalisme de servir dans une guerre profondément impopulaire et, chose remarquable, d’en sortir avec une meilleure réputation. Probablement, aucune personne n’a une meilleure compréhension de la situation internationale, du rôle de l’Amérique dans le monde et des limites et des capacités de la puissance américaine.

Son nom est presque universellement reconnu, et il l’est l’une des personnalités les plus respectées à travers le pays. Il y a un an,  seulement 11% des Américains avaient de lui une opinion défavorable, selon un sondage Gallup — la moitié de celle de Chris Christie. Parce qu’il est une figure non partisane, son image n’a pas été ternie par les luttes politiciennes et le dénigrement de ces dernières années. En outre, le général Petraeus apporterait une expertise en politique étrangère au « ticket » républicain, équilibrant ainsi l’intérêt de Romney sur les questions économiques. Si Obama a vraiment l’intention de prétendre que ses réalisations en politique étrangère méritent le respect des électeurs, personne dans le pays n’aurait davantage de crédibilité que le général Petraeus pour contredire l’argumentaire du Président sortant.

Il apporterait un sérieux et une gravité à une campagne électorale qui, jusqu’à présent, a été plus mémorable pour son défilé de challengers peu sérieux au sein du GOP — qui, heureusement, ont eu la décence d’abandonner la course. Son intelligence et son éthique du service public seraient seraient complémentaires avec les qualités de Romney. Je dois bien reconnaître que « Romney-Rubio » sonne bien, de manière presque poétique; il sort magnifiquement des lèvres. Au contraire, « Romney-Petraeus » compte trop de syllabes et ressemble à quelque chose tiré d’un manuel technique, ou un surnom pour une faille dans le code des impôts.

Mais, par ailleurs, ils pourraient effectivement gouverner avec compétence… ce qui n’est pas rien.

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(1) Mitch Daniels et Gouverneur de l’Indiana. Il a été Président de l’Hudson Institute et dirigeant de la firme Ely Lilly. Chris Christie est gouverneur du New Jersey, un état profondément démocrate.

(2) Paul Ryan est représentant de la Floride et Président du comité pour le budget de la Chambre.

(3) Robert Gates a été Secrétaire à la Défense de 2006 à 2011.

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A lire:

Victorieux dans cinq primaire, Mitt Romney devra choisir un VP, par Emmanuel Arthault.

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