A la une Politique et société civile — 01 décembre 2011
Sexe, égalité et propriété collective au Paleolithique: le bon vieux temps

Par David Azerrad* – Pendant tout ce temps, nous avons pensé que les conservateurs étaient ceux qui se languissaient du passé. Il s’avère que nous n’avons pas regardé suffisamment loin dans l’histoire. L’âge de pierre, où le sexe était accessible et où tous étaient égaux, peut simplement avoir été l’ère fastueuse du progressisme.

Intelligent Life magazine, une émanation de The Economist, a posé à un panel d’écrivains la question « Quel était la meilleure époque et le meilleur endroit pour vivre? » Lucy Kellaway, rédacteur en chef adjoint du Financial Times, a répondu, en Amérique, il y a 10.000 à 20.000 ans:

« Les hommes et les femmes dans ces tribus de chasseurs-cueilleurs furent les plus égaux qui n’ont jamais existé. Riches et pauvres étaient assez égaux aussi. En l’absence de propriété, il n’était pas question de se sentir traité injustement ou d’échouer à vivre au niveau de vos pairs du Paléolithique …. les gens passaient leur temps sur trois plaisirs que l’âge moderne ne favorise pas: à bavarder, à jouer avec les enfants, à avoir des relations sexuelles avec plus d’une personne …. Les chasseurs-cueilleurs étaient plus grands et plus sains que les agriculteurs qui les ont suivis. Ils avaient une alimentation plus variée et n’étaient donc pas menacés par la famine. Ils avaient également d’excellentes dentitions. »

Le rêve devenu réalité des bobos : l’égalité des sexes, l’égalité sociale, la polygamie et la variété gastronomique. Nos ancêtres du paléolithique avaient de multiples raisons de sourire (avec leurs grandes et brillantes dents blanches).

Notre auteur est trop modeste. L’égalité, à cette époque, s’étendait bien au-delà du sexe et des classes sociales. Tout le monde était tout aussi susceptible de mourir avant l’âge de 30 ans. Toutes les femmes étaient aussi susceptibles de mourir, avec leurs nourrissons, lors de l’accouchement. Et les hommes et les femmes étaient aussi susceptibles d’avoir leurs crânes fracturés par des groupes de pillards simiens. Comme Hobbes a pu le dire, toutes les vies étaient tout aussi « solitaires, pauvres, désagréables, brutales et courtes ».

Aussi absurde qu’est cet article, les songeries antiques de notre auteur soulignent trois des aspects les plus remarquables de la mentalité progressiste contemporaine: une obsession de l’égalité, une animosité envers la propriété privée et une célébration d’une sexualité débridée. Tous trois, il est intéressant de le noter, ont été remarqués sur les différents terrains de camping du mouvement Occupy Wall Street (le dernier, de manière plus effrayante).

Quiconque envisagerait, que cela soit en plaisantant ou plus sérieusement, un retour à une telle existence misérable révèle l’appel profond que ces idées continuent d’exercer. Une égale pauvreté est préférable à une prospérité inégale et tout est préférable à la répression de la famille patriarcale.

A son crédit, Kellaway note qu’ «ici et maintenant » reste le meilleur moment pour être en vie. Elle ne reconnaît également qu’il y a «quelques inconvénients à la vie de chasseurs-cueilleurs»: une probabilité plus élevée d’être attaqué par un animal sauvage et une absence de télévision. Mis à part cela, les Paleos l’avait bien bonne.

Après les paleoconservateurs et le paleorégime, ce sera peut marquer la venue des « paleolibs » ? [paleoprogressistes]

______________

*David Azerrad est directeur-adjoint du B.Kenneth Simon Center for Principles de l’Heritage Foundation (Washington DC) et Doctorant en science politique à l’Université de Dallas, où il rédige une thèse sur les fondements de la philosophie politique de John Locke.

A propos de l'auteur

David Azerrad

A lire également

(1) Commentaire

  1. You name it !