Idées & théorie politique — 25 avril 2011
Une critique de James Q. Wilson, par R. Shep Melnick

Une critique d’American Politics, Then and Now and Other Essays de James Q. Wilson*, par R. Shep Melnick**. Cet article a été publié dans le numéro d’automne 2010 de la Claremont Review of Books. Il a été traduit de l’Anglais par Edouard Chanot pour Le Bulletin d’Amérique avec l’aimable autorisation des éditeurs. Titre original: Balance is All.


Illustration: Claremont Review of Books

Visitez le rayon « politique » ou « événements contemporains » de toute grande librairie et vos yeux seront assaillis par des dizaines de polémiques écrites par des experts irresponsables, à la fois libéraux et conservateurs. Parcourez presque toutes les revues spécialisées en science politique et vous trouverez, page après page, des statistiques abrutissantes et des graphiques qui n’expriment presque rien sur quoi que ce soit qu’un citoyen raisonnable voudrait savoir. Parmi les milliers de personnes dans ce pays vivant de leurs écrits portant sur la politique, seuls quelques-uns parviennent à combiner une analyse systématique et l’utilisation judicieuse des éléments de preuve afin de résoudre les problèmes fondamentaux de notre société. Au sommet de cette liste se trouve James Q. Wilson qui, après des années d’enseignement à Harvard, UCLA et Pepperdine, est maintenant Senior Fellow au Clough Center pour l’étude de la démocratie constitutionnelle du Boston College. Son travail académique sur la bureaucratie, la réglementation, la criminalité et les groupes d’intérêt est sans égal. Il a réussi à recevoir la plus haute distinction que l’Association américaine de Science politique (APSA) peut accorder à un expert sur la politique américaine, et la Médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction que le gouvernement américain peut décerner à un chercheur. C’est peut-être la seule fois que l’APSA a trouvé le moyen d’être en accord avec George W. Bush.

Le dernier livre de Wilson recueille quinze essais. La plupart est d’abord apparue dans les revues The Public Interest, Commentary et le City Journal. Ils ont été destiné au grand public – non dans le sens de personnes intellectuellement déficientes – mais en traitant de questions préoccupant un public cultivé, d’une manière libre de tout jargon académique et de faux-semblants. Ceux qui ne sont pas familiers avec son travail découvriront ce que signifie réellement l’apport de la preuve en sciences sociales, en vue  d’influencer les solutions apportées aux problèmes contemporains les plus cruciaux. Les nombreux lecteurs du Claremont Review of Books qui ont déjà lu certains de ses essais auront la possibilité de comprendre comment chacun d’entre eux s’inscrit dans une analyse plus large de Wilson de la politique, de la religion, du caractère, du liberalism et de la démocratie.

Malgré son titre, American Politics, Then and Now, n’est pas limité à l’étude de la politique américaine. En fait, près d’un tiers du livre se concentre sur la religion dans les pays européens et musulmans. Plusieurs chapitres traitent de la formation du caractère et du rôle du gouvernement dans la promotion de la maîtrise de soi. Deux autres sont un retour à l’éternel débat entre nature et culture. Aujourd’hui, la plupart des études universitaires qui portent sur la politique promettent la précision au travers du réductionnisme: ils produisent des formules en apparence exactes, en ignorant tout ce qui n’est pas aisément quantifiable. Wilson, en revanche, soutient que les choses qui sont les plus difficiles à mesurer – le contenu même de notre caractère, les commandements de la religion, les idées générées par les intellectuels, les normes culturelles qui définissent ce qui est acceptable et ce qui est interdit – demeurent les forces les plus puissantes en politique. Lorsque l’éminent économiste Alfred Kahn avait essayé de mettre en place une tarification au coût marginal de l’électricité à New York, il se vit opposer une résistance vigoureuse des organismes de réglementation, qui ont affirmé que leurs méthodes avaient produit des réponses exactes à la question de la définition des tarifs d’électricité. Kahn a répondu: « Voulez-vous avoir précisément tort ou être approximativement justes? » C’est une question profonde pour quiconque étudie la politique. Wilson préfère être approximativement, même provisoirement, juste.

Le livre répond à trois questions: 1) Comment la politique américaine a-t-elle évoluée depuis les années cinquante? 2) Sous quelles conditions la religion est-elle un soutien ou une atteinte à la démocratie libérale? Et 3) pourquoi la démocratie libérale doit-elle se préoccuper du caractère de ses citoyens? Ces questions sont en fait étroitement liées. La religion aide à tempérer les pulsions des hommes (littéralement: ce sont des hommes impulsifs dont la société a le plus à craindre), mais pour la grande part de l’histoire, elle a également menacé la liberté des hommes. L’expansion massive de l’autorité fédérale qui a eu lieu durant les années 1960 et 70 a souvent été associée à un effort pour expulser de l’espace public la religion et toute discussion sur la formation du caractère. La polarisation de la politique américaine – certainement le changement récent le plus important dans notre politique – a opposé les partisans du sécularisme à ceux qui vont régulièrement à l’église. Pendant des décennies, ceux qui ont étudié la politique américaine n’ont rien dit sur la religion, et ceux qui ont analysé les politiques publiques n’ont presque rien dit sur le caractère. Wilson explique pourquoi c’était une grossière erreur.

Pourtant écrit en 1979, l’essai qui a inspiré le titre de l’ouvrage a résisté à l’épreuve du temps de manière remarquable. Il identifie le changement sous-jacent à bon nombre des changements institutionnels remarqués des deux décennies précédentes. Concevant le terme très utile de « barrière de la légitimité », Wilson écrivait:

« Autrefois, la politique ne portait que sur quelques choses. Aujourd’hui, elle porte sur presque tout. (…) Une fois la barrière de la légitimité renversée, les conflits politiques prennent une forme très différente. Les nouveaux programmes ne devront pas attendre l’avènement d’une crise ou d’une majorité extraordinaire, car aucun programme n’est plus une «nouveauté» – il est désormais perçu, au contraire, comme une extension, une modification ou un élargissement de ce que le Gouvernement réalise déjà.  (…) Comme il n’y a pratiquement rien que le gouvernement n’a pas déjà essayé de faire, il y a peu de choses qu’il ne peut se voir demandé de réaliser ».

On aurait pu penser que l’ascension de Ronald Reagan, un peu plus d’un an après que Wilson ait écrit ces mots, aurait prouvé qu’il avait tort, que les vingt années de présidence républicaine (et huit ans d’un Président démocrate qui a proclamé « l’ère de l’étatisme est finie »[1]) aurait relancé la « barrière de la légitimité ». Mais cela ne s’est pas produit. En 1980, Reagan avait promis d’abolir le ministère de l’Éducation. En 2001, George W. Bush défendait la loi sur l’éducation la plus prescriptive jamais promulguée par le gouvernement fédéral. Le changement que Wilson avait identifié a dominé les révolutions Reagan, Newt Gingrich et Rove [2]. Analyser les résultats des élections sans tenir compte d’une évolution aussi considérable de notre culture politique nous conduit à exagérer l’importance des victoires dans les urnes.

Une partie de l’essai semble curieusement anachronique : la discussion de l’hyper-individualisme au Congrès et l’affaiblissement progressif des partis politiques américains. Ce sont les principales caractéristiques de la politique américaine depuis le milieu des années 1960 jusqu’au milieu des années 1980. Mais, virtuellement, tout le monde sera surpris d’apprendre que la discipline partisane et les divergences idéologiques ont augmenté de façon constante par la suite. Dans l’essai « A quel point sommes-nous divisés ? » Wilson évalue un certain nombre d’explications possibles à ce changement inattendu. Il identifie plusieurs suspects habituels, y compris la segmentation des médias et la fracture religieuse croissante de l’électorat (En dehors de Casablanca, les suspects habituels sont souvent coupables.) Il met un accent particulier sur la manière dont les habitudes d’esprit des élites instruites ont influencé le grand public. Morris Fiorina, politologue à Stanford, a fourni beaucoup d’éléments de preuve suggérant que le public n’était pas davantage polarisé. Celui-ci fait valoir qu’il apparaît seulement polarisé parce que les élites ont présenté aux électeurs des choix eux-mêmes polarisés. Wilson se montre sceptique devant cette idée que, année après année de polarisation du débat politique,  l’électeur moyen serait demeuré inchangé. Ma lecture des preuves recueillies depuis cet essai de Wilson est parue en 2006. Il a avancé le meilleur argument. Mais le jury est encore indécis à ce sujet. Wilson et Fiorina conviennent sur l’idée que la polarisation est dangereuse – selon Wilson, tout particulièrement en matière de politique étrangère – et que l’électeur moyen devrait se méfier des élites instruites apportant des idées innovantes.

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Dans son analyse approfondie de la religion et de la politique, Wilson dépasse l’opinion répandue, se concentrant principalement sur les raisons pour lesquelles l’Amérique demeure bien plus religieuse que l’Europe et comment la religion a pu soit favoriser soit inhiber le développement de la démocratie libérale. (Il fait une courte pause afin d’examiner d’autres questions: « Qu’est ce qu’un terroriste ? ». La réponse à cette dernière, en passant, sont les pairs et un minimum de privilège, non la pauvreté. Oubliez donc les tentatives d’élimination de la notion de « causes profondes »). Wilson apporte la preuve de poids afin de soutenir l’argument de Tocqueville selon lequel la force de la religion aux États-Unis est un produit de notre séparation de l’Église et de l’État. De ce côté de l’Atlantique, la colère du peuple à l’encontre d’un système répressif n’a jamais entaché l’Eglise, comme ce fut le cas, de manière si évidente, en France et dans de nombreux autres pays européens. De manière tout aussi importante, étant donné que les Églises ne peuvent compter sur le soutien du gouvernement, elles se doivent de répondre à la demande des consommateurs: ceux qui prospèrent, ceux qui ne suivent pas la voie des grandes Églises protestantes. Wilson n’accorde pas à Locke, Spinoza, Madison ou Jefferson beaucoup de crédit pour la tolérance religieuse et la remise en cause de l’establisment. En Angleterre, de nombreuses personnes ont conclu que la tolérance d’un nombre limité de religions serait préférable à plusieurs années de guerre. Aux États-Unis, toutes les sectes ont davantage peur que leurs rivaux saisissent le pouvoir politique afin de réaliser ce qu’ils étaient sûrs d’avoir le moyen de faire eux-mêmes. L’Amérique est restée une «nation chrétienne» (avec beaucoup de juifs pratiquants, de musulmans et d’hindous) car aucune des Églises chrétiennes n’a été en mesure de dominer la vie politique et de soumettre les autres. Cette réalité est si centrale à la politique américaine que les partisans du sécularisme devraient cesser de se préoccuper de la venue d’une « théocratie ». Wilson fait remarquer que, « malgré la présence de Présidents conservateurs, on dénombre à peine un projet de loi adopté par le Congrès  qui favorise ce qu’on appelle aujourd’hui la droite chrétienne».

La question sur la religion la plus embarrassante posée par Wilson est de savoir si l’Islam est compatible ou non avec la démocratie libérale. Dans une analyse subtile qui défie l’ambition d’un simple résumé, il répond: « Oui, mais (…) ». La Turquie démontre que les pays musulmans peuvent devenir des démocraties libérales, bien que le gouvernement pourrait avoir besoin d’adopter un sécularisme rigide pour rendre cela possible. Le Maroc et l’Indonésie ont pris des voies alternatives pour créer des gouvernements relativement décents, libéraux – mais non des démocraties. Dans de nombreux pays musulmans, un problème clé réside dans le fait que la seule institution capable de mobiliser un mouvement contre les autocrates est la mosquée. Les mots très imagés de Wilson décrivent ainsi que « le militantisme politique rassemble autour de la religion comme le sel qui se cristallise le long d’une ficelle plongée dans l’eau de mer ». Le pluralisme est difficile à entretenir dans cet environnement. En outre, l’Islam et le Christianisme avaient des fondateurs très différents et offrent des enseignements divergents:

« [Mahomet] était non seulement un prophète, mais aussi un soldat, un juge, et un gouverneur. Jésus, en revanche, était un exclus, qui n’a ni conquis ni régi personne, et qui a été mis à mort par les dirigeants romains (…) Jésus a demandé aux Chrétiens d’établir une distinction entre ce qui appartient à Dieu et ce qui appartient à César. L’Islam n’a établi aucune distinction: Allah prescrit les règles portant sur l’ensemble de l’existence, englobant ce que nous appelons aujourd’hui les sphères religieuse et sécularisée« .

Interroger la compatibilité entre une des grandes religions du monde et notre propre dévotion, moderne, quasi-religieuse, à la démocratie libérale, n’est pas la mode. Mais Wilson n’a jamais hésité devant les idées démodées. Et il rend hommage à l’Islam en appréhendant avec sérieux ses croyances fondamentales.

La contribution la plus importante de Wilson sur ce sujet n’est pas son analyse de l’Islam, mais son explication de la difficulté à créer des démocraties libérales en Occident. Dans son examen de l’évolution de la séparation de l’Église et de l’État, il note: « La question centrale n’est pas pourquoi la liberté de conscience n’est pas parvenue à la majeure partie du monde islamique, mais pourquoi elle est parvenue à l’Occident ». À bien des égards, suggère t-il, nous avons tout simplement été chanceux. Les premières démocraties libérales se sont développées dans les pays qui étaient isolés et homogènes, et qui avaient réussi à gérer lentement l’établissement de la propriété privée. Il cite son Professeur et collègue Edward Banfield, qui avait affirmé de façon caractéristique, « un système politique est un accident. C’est une accumulation d’habitudes, de coutumes, de préjugés et de principes (…) Si le système fonctionne bien dans l’ensemble, il s’agit d’un heureux hasard – le plus chanceux des hasards qui peut en effet advenir à une société ». Voilà pour son approche de la planification, ou même de la fondation.

Ceux qui sont familiers avec les plaidoyers de Wilson des guerres en Irak et en Afghanistan pourraient se demander comment il parvient à concilier son profond scepticisme à l’égard de l’ingénierie sociale et l’effort de l’administration Bush à répandre la démocratie à travers le monde. Wilson n’est sûrement pas wilsonien [1]. Contrairement à l’administration Bush, il souligne que, si nous avons peu de chances de créer une démocratie de type américain ou européen dans ces pays, nous avons au moins une possibilité de créer des régimes libéraux suffisamment décents, qui n’assassineront pas ou ne terroriseront pas leurs citoyens. « Nous ne pouvons pas être les gendarmes du monde, mais nous pouvons lutter contre les pires formes de tyrannie, même quand (peut-être surtout quand) nos alliés ne le feront pas ». Ceci impliquera souvent de rester dans le pays pendant une longue période de temps – ce qui explique pourquoi il est si préoccupé par la polarisation partisane et la « profonde méfiance à l’égard du Gouvernement américain » circulant dans les médias après la guerre du Vietnam, au moins quand ce dernier agit à l’étranger.

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Ce n’est pas la seule tension qui se dégage quand on étudie les essais écrits durant ces trente années par Wilson. Les deux derniers chapitres sont consacrés à de nouvelles preuves de la nature héréditaire de nombreux traits de personnalité (même, selon lui, l’idéologie politique). Si, comme Wilson l’affirme, les gènes sont plus importants que nous ne l’avons précédemment imaginé, comment la formation du caractère peut-elle être une préoccupation importante pour les familles, les églises, les écoles publiques, et le système de justice pénale? En particulier, comment pouvons-nous « tenir les gens responsables, même pour certaines actions qui sont clairement involontaires »? Dans « l’avenir du blâme », il affronte cette question et tente de concilier sa compréhension de la puissance de l’hérédité avec sa croyance en l’importance du respect des standards moraux clairement énoncés. Qu’il soit parvenu ou non à une conclusion recevable, je vais laisser cette problématique au jugement de ceux qui ont pu l’étudier avec plus de soin que moi. Par ailleurs, il existe aussi une certaine tension entre la description par John Q. Wilson des changements advenus au sein du régime américain dès les années 60 et son étreinte de l’exceptionnalisme américain (en conclusion du volume). Pour le meilleur ou pour le pire, l’exceptionnalisme américain n’est plus, à bien des égards, ce qu’il était. Mais cela ne doit pas nous empêcher d’apprécier les nombreuses différences entre la démocratie en Amérique et la démocratie dans d’autres pays industriels avancés.

Wilson est un maître pour rendre compréhensibles des questions complexes. Mais il ne prétend pas pouvoir fournir une seule et unique carte du monde politique pouvant être utilisée par des militants. Au lieu de cela, son analyse nous rappelle les dilemmes et les paradoxes de la vie politique. À la fin de son étude du dernier ouvrage de Robert Putnam sur le conflit existant entre la diversité ethnique et le développement du capital social, Wilson écrit: « Dans toute société, les gens doivent arranger des arbitrages entre des objectifs souhaitables mais mutuellement incompatibles (…) Quand il s’agit des valeurs opposées de diversité et de capital social, l’équilibre est fondamental, comme lorsqu’il s’agit d’autres arrangements en matière de démocratie ». Dans un monde rempli de tant de pontifes, les enseignements mesurés comme ceux formulés par James Q. Wilson sont en nombre extrêmement limité.


[1] Bill Clinton : « The era of big government is over ».

[2] Karl Rove était le conseiller de George W. Bush.

[3] Woodrow Wilson (1856-1924), Président de 1913 à 1921, fut l’ instigateur de la société des Nations et d’une doctrine d’internationalisme pacifique. Aujourd’hui, les Néoconservateurs sont souvent accusés de vouloir fomenter un « wilsonisme botté ». Voir notamment Justin Vaïsse, Histoire du néoconservatisme aux Etats-Unis.


* James Q. Wilson est né en 1931. Diplômé d’un PhD de l’université de Chicago (1959), il a enseigné les politiques publiques à Harvard (1961-1987) puis à UCLA (1987-1997) et à Pepperdine (1998-2009). Il est aujourd’hui Senior Fellow du Clough Center for the Study of Constitutional Democracy au Boston College. Il a servi dans la commission nationale pour la prévention de l’abus de drogues (1972-1973), le conseil du Président pour le renseignement international (1985-1990), et le conseil au Président pour la bioéthique. Il a présidé l’American Political Science Association et a été membre des conseils scientifiques de la Rand Corporation et de l’American Enterprise Institute. Son ouvrage American Government est une des références en la matière.  Il a voté pour les Démocrates John Kennedy et Lyndon Johnson, avant de participer à la campagne présidentielle d’Hubert Humphrey. Aujourd’hui, il est généralement associé au mouvement néoconservateur.

** R. Shep Melnick est Professeur de Politique américaine au Boston College. Il a enseigné à Harvard et à Brandeis.

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