Par Chris Edwards*.
Le débat sur le budget hérité de Ronald Reagan est régulièrement relancé. A-t-il réduit les impôts ou les dépenses ? Est-il responsable de déficits budgétaires considérables?
La Figure ci-contre montre le total des recettes fiscales et des dépenses fédérales durant les années Reagan. Entré en fonction en Janvier 1981, il a été responsable des budgets de 1982 à 1989. L’écart entre les segments représente le déficit.
On remarque tout d’abord que Reagan a hérité du déficit de Jimmy Carter, qui s’élevait à 79 milliards de dollars lors du dernier budget pour 1981. En effet, le gouvernement avait connu un déficit chaque année depuis 1961, à la seule exception de 1969. En conséquence, le déficit budgétaire n’est pas une invention reaganienne.
Les réductions d’impôt de 1981 sont souvent critiquées pour être la cause du déficit des années 1980. Cependant, comme le montre la figure, l’effet de ces réductions semble minime : elles n’ont gelé le revenu fédéral que pendant deux années seulement. Ensuite, alors que l’économie décollait de nouveau dans le milieu des années 80, les recettes ont augmenté rapidement : elles ont accru de 65% entre 1981 et 1989. Une partie de cette augmentation est due aux législations fiscales de 1982, 1984 et 1987, qui ont permis de neutraliser les coupes budgétaires de 1981.
L’échec de Reagan a été de ne pas pouvoir contrôler la croissance des dépenses fédérales (Ndt: Notamment du fait du Congrès). Entre 1981 et 1989, elles augmentèrent de 69%. Le déficit s’est creusé, puis s’est de nouveau resserré à la fin de la décennie.
Si l’on considère le budget comme un champ de l’économie, l’héritage reaganien apparaît alors sous un jour plus favorable au regard des critères du gouvernement limité. En effet, les recettes fédérales en pourcentage du PIB ont chuté de 19,6% en 1981 à 18,3% en 1989. Les dépenses ont été réduites de 22% à 21,2% du PIB. Ainsi, sous Ronald Reagan, le gouvernement fédéral a diminué d’environ 5% – un changement moins radical que ses partisans ou ses détracteurs veulent aujourd’hui faire croire.
De nombreux succès en politique fiscale sont à ajouter à son crédit. Notamment, il réduisit le taux de l’impôt sur le revenu de 70% à 28% et celui de l’impôt sur les entreprises de 46 à 34%. Concernant les dépenses, le plan originel de février 1981 proposait des réductions visant à les ramener à 19,3% du PIB en 1984 et ainsi équilibrer le budget. Avec un Congrès refusant de voter ces coupes drastiques, le déficit est resté élevé et les dépenses ont été bloquées à plus de 22% jusqu’à la fin des années 1980.
Aujourd’hui, alors que les dépenses fédérales augmentent plus rapidement qu’au cours des décennies passées, la vision du limited government de Ronald Reagan fait cruellement défaut à Washington.
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*Chris Edwards est Directeur des études fiscales au CATO Institute. Avant de rejoindre le CATO en 2001, il était consultant pour PricewaterhouseCoopers puis économiste au Comité bipartisan sur l’économie du Congrès.
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A l’occasion du centième anniversaire de Ronald Reagan, Le Bulletin d’Amérique a traduit plusieurs articles d’auteurs et analystes américains:
Ronald Reagan et la promotion de la Démocratie, par Peter Wehner (Ethics and Public Policy Center);
Jean-Paul II et Ronald Reagan, par George Weigel (Théologien, Ethics and Public Policy Center);
Déficit et politique fiscale sous Ronald Reagan, par Chris Edwards (Economiste, CATO Institute);
Le leadership moral de Reagan, vainqueur de la guerre froide, par Leon Aron (Directeur des études sur la Russie, American Enterprise Institute);
Il y a trente ans, Ronald Reagan, par Damien Theillier (Philosophe, Président de l’Institut Coppet);
Entretien pour Nouvelles-de-France: « L’Amérique s’est réconciliée avec l’héritage reaganien« , Edouard Chanot.
L’Amérique célèbre le centenaire de Ronald Reagan, par Benoît Toussaint.



















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